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Pauvres VS Riches

À force de passer de pays riche en pays pauvre, je me dis que s’il y a quelqu’un qui a assez de perspective pour parler du fossé entre les pays blancs et le tiers-monde, c’est bien moi. Pourtant, la perspective me terrorifie. Ça doit être un de mes derniers tabous. Il est temps de casser le mur.

Il y a, en ce bas monde, une engeance sans le moindre respect pour le reste du monde. Des gens qui, alors que dans d’autres pays on se prive au quotidien, pillent les ressources disponibles sans vergogne. Juste parce qu’ils peuvent. Des gens qui gaspillent comme ils respirent, remplissant leurs poubelles à un rythme effréné. Qui se méfient de leur prochain comme la peste alors qu’ailleurs on s’entraide sans cesse. Qui passent leur temps libre à lécher les vitrines des centres commerciaux, sous l’œil vigilant des agents de sécurité en armes, en se demandant comment dépenser l’argent qu’ils ont en trop. Des gens qui sont tellement accoutumés à la nourriture industrielle qu’ils ne reconnaîtraient pas un légume dans l’improbable éventualité qu’ils en croisent un un jour. D’autant qu’ils ne conçoivent pas un repas sans viandes. Ils ne boivent pas d’eau non-plus, seulement des sodas. Ces gens ont des placards qui débordent d’objet quasi-neufs superflus, et ils osent s’en plaindre. Dans d’autres contrées, la plupart des achats sont fait en seconde main. Ils ne se déplacent qu’en voiture ou en taxi alors qu’ailleurs on fait de longues distances à pied, on prend le bus, où on monte sur son vélo. Ils pourrissent leurs enfants de sucreries et de jouets en plastique toxique. Vous l’aurez compris, je n’ai que mépris pour les habitants du tiers-monde.

Non, ce n’est pas une coquille. Je parlais bien des pauvres. Bien entendu il s’agit d’une généralisation outrecuidante, mais statistiquement, au fil de mes rencontre, elle décrit bien le tiers-mondiste moyen. J’ai l’Inde et le Mexique en particulier en tête, qui sont les deux pays les plus pauvres que j’ai traversé dans ce voyage. Combien de fois ai-je dû serrer les dents en voyant les détritus négligemment jetés par les fenêtres des voitures. Voitures qui semblent à l’affût pour écraser le piéton où le cycliste. Le peu d’argent qu’il y a est gaspillé dans les signes extérieurs de richesse. Ceux qui ont vraiment de l’argent se font un point d’honneur à montrer à tous que ce sont eux les plus gaspilleurs. Car, quel signe extérieur de richesse plus éloquent que le gaspillage ? Mais même le bas de la classe moyenne se rengorge de dormir avec la climatisation à fond pour pouvoir se rouler dans une couverture. Dans les conversations ponctuées de noms de marques étasuniennes, on rit de concepts tels que valeurs, causes et effets. Et on pose bien en évidence sur la table son smartphone dernier cri avec lequel on ne sait que téléphoner, envoyer des SMS et, comble de la goujaterie, facebooker et whatsapper.

Et quand on leur dit que le premier ministre des Pays Bas va au travail en vélo, leur cerveau refuse tout simplement de traiter l’information. Il faut que ça vienne d’une source officielle pour qu’ils acceptent d’être choqué.

Mon point de vue de fils de riche.

9 réflexions sur “ Pauvres VS Riches ”

  1. Voui, voui ! J’ai vu cela aussi, tant en Afrique qu’en Asie. Faut dire que ces riches-de-chez-les-pauvres ont amplement copiés leurs attitudes sur les nantis observés en occident, sans omettre ceux qui sont venus chez eux ! Les basses couches des populations « pauvres » sont d’ailleurs complètement enclines à gaspiller dès qu’elles seront en mesure de le faire. Elles ne s’en privent pas mais leurs rejets ne pèsent pas encore bien lourds… Ça viendra, ça viendra, patience.
    Moi aussi j’ai ressenti le dégoût, et la honte parfois, d’appartenir à ceux qui ont propagés ce déplorable exemple.
    Gil

    1. Il y a differentes classes de riches aussi bien qu il y a des differentes classes de pauvres. Dans l’over-opulence tu trouves:
      – Les familles influentes discretes et decadentes (tu ne saurais pas le reconnaitre),
      – Les New- ages hippies millionaires discrets, conservateurs et desabuses (souvent planques au fond des bois dans un immense propriete privee de toute facon)
      – Les nouveaux riches flambeurs, deconnectes, 4×4 et Mac mansion.

      – Les bofs, consumption a l’extreme, manque d’education, m’as tu vu a credit.

      Ceux dont tu parles rentrent dans la derniere categorie, les « pas tout a fait riches, just assez pour flamber » La classe « emergente ».

      Et puis il ya a plus pauvre, un dizaine de categories surement, celle que tu vois toujours pas parcequ’ils bossent de nuit et ne parlent pas au etrangers. Ceux qui ne parlent pas leur langue et preferent traduire depuis une tablette….Les classes qui font des economies pour acheter des chaussettes a leurs enfants, celles qu demandent au voisin de les emmener quelquepart, celles qui n’ont pas acces a l’eau potable et transportent des bidons sur la motocyclette du cousin. Ou encore ceux pour qui la maladie, drogues, prostitution n’est pas juste un theme dans les films…

      Tu as autant de pouvoir analytique et d’experience que les lecheurs de vitrines que tu critiques mais tu clames bosser pour la boutique parcequ tu as verifie tes sources sur internet? Comment peux tu ecrire un article pareil apres avoir survoler un culture en quelques semaines?

      Ceux que tu vas rencontrer auront toujours une voiture, c est des riches. Pour le reste, ils sont une fois de plus victimes de l’etiquette. Il semble raisonnable de considerer que les classes emergentes sont un vrai probleme pour notre ecosysteme par leur manque d’education; ils nous entrainent dans une spirale de consommation et pollution. Mais les classes emergentes sont bien plus devastatrices dans les pays « developpes » parcequ’elles ne se laissent as eduquer facilement et regardent deja le reste du monde par le petit bout de la lunette…

      1. Évidemment on peut découper la société en tranches tellement fines qu’elles finiront par être quasiment individuelles, et alors les généralisations ne marchent plus. Comme disait mon moi passé : « il y a autant de style de métal que de groupes de métal ». Les généralisations ne fonctionnent qu’à un certain degré de macro. Je n’essaye pas de prouver que j’ai raison, là. Juste que tu as tort :)

        Un autre phénomène à méditer, qui mériterait son article séparé maintenant que j’y pense, est la relative pauvreté, dans le tiers monde, de l’arbre des classes sociales. Il n’y a quasiment que les beaufs et ceux qui voudraient en être. Tous les bars sont des bars à beaufs, ou des bars qui aimeraient bien avoir les moyens d’acheter des télés plasma pour passer Mtv. Il n’y a pas de bar punks, de bar goth, de « culture alternative ». Plus qu’un arbre, la société s’apparente à un monolithe. Ton approche multiclasse est moins appropriée alors.

        Valide ici, au Mexique, en Inde, au Cambodge, et dans tout le tiers monde que j’ai pu observer. Tu mentionne, à raison, le manque de profondeur de mon exploration. Mais il m’arrive de discuter avec des gens nés dans ces sociétés, ma partenaire, par exemple, qui me confirment systématiquement que leur société est encore plus pourrie que celle de certains pays dominants.

        Pour ce qui est des super-pauvres, c’est peut-être vrai qu’ils sont contraints à l’entraide. Je limite mes propos à la classe moyenne, parce que c’est celle que j’ai eu le loisir d’observer le plus, parce que je traine dans les villes surtout. Je ne m’avance pas à critiquer une classe que je n’ai pu que rarement observer in vivo. Il est vrai qu’en Inde, ce sont souvent les familles très pauvres qui nous offraient l’hospitalité (au point de nous laisser leurs lits et dormir à même le sol, situation embarrassante au possible). Mais il est difficile de faire la part des choses entre le racisme inversé dont on bénéficie parce qu’on est clair de peau et de véritables valeurs d’entraides. Je trouve que toi, tu t’avance beaucoup en revanche. D’où te vient ton expertise des basses classes du tiers-monde ?

        Et qu’entends-tu par « classe émergentes des pays développés »? Les immigrants? Faut appeler un chat un chat, hein.

        1. Hehe..Les classes emergentes des pays devellopes, non pas les immigrants, rien a voir, c est pas lie. Just ceux qui passent du statut « en dessous du niveau de pauvrete au statut  » peut acceder a un pret bancaire ».
          D’ailleurs c’est marrant ca me fait penser: en Europe la tendance est a avoir des classes « de-emergentes » (le contraire du pre-cite), des jeunes de classes moyennes ne qualifient plus pour l’obtention d’un pret…. (autre probleme)

          Pour ce qui est de « l’experience ».Vivre, travailler, partager des repas en famille, faire des anniversaires, entendre les difficultes financieres et les deboires amoureux, l’optimisme et la joie de vivre de mes amis au Cambodge, Thailande et Mexique des mois apres mois… le racisme inverse est une foutaise que tu inventes parceque tu refuses de croire en une hospitalite fondee !?.

          Construire des baraques pour des familles qui n’ont meme pas assez d’argent pour acheter du chile pendant plusieurs semaines ou encore bosser avec 30 familles dont chacunes a 5 ou 6 enfants qui bossent sur la decharge a ciel ouvert et les aider a monter leur business base sur la coco et la vente de charbon pour un meilleur avenir, la liste est longue….(d’apres midis de galeres mecaniques dans des villages de pecheurs en tournee des bars, nuit de billards et deals de drogue avec les filles dans les tripots…)

          Formidable experiences humaines qui laissent humbles en perspective des tresors de respect, valeurs, bonte et naivete que les gens avec le moins de moyens materiels ont en ressources. C’est a se demander si l’on devient (ou reste) pauvre parceque l’on est trop naif ou parcequ’on s’en fout de « posseder » (condition qui peut flirter avec des legeres depressions ou n’importe laquelle des dependances chimiques). On baisse les bras, on « laissez -faire », on vit et subit, on agit peu car « a quoi bon », « peut on vraiment »?.

          Ces « pauvres » la ne meritent pas ton arrogance de westerner bien eduques aux valeurs bien polies.Ils ne pensent pas aux consequences, ca ne veut pas dire qu’ils sont egoistes. Tu hais surement la compassion (mais tu es chretien, non?) et du coup projecte tes propres interets sur les intentions des autres? Et si c’etait bieeeen plus simple, bieeeen plus basique que ca? Faut ‘il une raison pour etre reactifs a l’avalanche de couleurs, de cris et d’ordre dispenses par le tele, la radio et le voisin pour consommer?

          Qui cree cette avalanche de toute facon? On est bien dans une societe ou les companies creent le besoin et ordonnent ce qu’il faut acheter. tu retrouves le meme schema dans les pays riches, seulement dans ces derniers, ils ont des infrastructures pour traiter les dechets a grands renforts d’energie gaspillee.

          De mon petit point de vue, l’information est la clef, un calcul de la valeur carbone (incluant emballage, transport etc…) clairement affichee sur tous les produits et un systeme de comptage de credit carbone consomme par personne (le futur, une une carte de « fidelite » carbone) permettant d’acceder a des compensations financieres: si tu te situe en dessous de la moyenne de plus de l’ecart type.
          Ca aiderait bien planete….

          Quand aux avis eclaires des ton ame soeur et conseillere, ca a autant de valeur de les conseils de ma maman. C’est biase vu qu’elles croient toutes les deux dur comme fer que l’Europe c’est le paradis. Lavage de cerbeau a tres jeune age… quoique que ma maman devenant vieille commence a realiser quelles sont les vraies valeurs, la solidarite c ‘est a un age avance que tu realises si elle est la ou pas…

          J’arretes de ruiner ton blog et de deblaterer… :)

          Just un truc: As tu deja pense au fait que:
          1) la democracie est basee sur une egalite de droits pour tous; donc du coup un egalite de liberte pour chacun.
          2)Seulement la liberte s’arrete la ou commence celle du voisin.
          3)Pour preserver la liberte du voisin ils faut des regles et des lois.
          4)Le « filet » ou « reseau » de lois est si complexe qu’ils en devient flou et restrictif des libertes de chacun (le casque en velo)
          5)Les gens abusent de ce pouvoir de legislation pour proteger des interets financiers. (droits?)
          6) le dernier point cree invariablement un classe ultra-dominante
          7) On retourne vers une Oligarchie sous couvert de democracie.

          Il y a des millers de gens qui on ecrit sur ce sujet..

          Enfin bref… « peace man »… :) je retourne naviguer loin de terres et des hommes sous peu….

          1. Motherlover! Y a pas moyen que je fasse une réponse point par point. Je reçois bien le message : « ma sensibilité est mal réglée ». Je te retourne le compliment. Il est tout aussi possible que tu croie tellement au pauvre-du-tiers-monde-bisounours que toutes tes expériences soient passées par ce tamis.

            Juste un point absolument horripilant que je me dois de relever, d’autant qu’une fois rectifié, il s’applique bien à notre cas: **Démocratie != égalitarisme**. La démocratie-modèle dont toutes les contemporaines se veulent les héritières était dépendante d’une caste entière d’esclaves qui étaient plus nombreux que les hommes libeuséhégo. Et je dis bien « homme » dans le sens genré du terme.

            Et c’est aussi le cas ici. À partir du bas de la classe moyenne, tout le monde à une servante qui vient nettoyer leur caca deux ou trois fois par semaine. Y a le jardinier aussi. Au premier feu rouge, un aimable jeune-homme vient leur nettoyer le pare-brise. S’il veulent se garer quelque part, il se trouvera souvent un assistant pour leur dire quand c’est libre, si ça passe et quand braquer. S’ils ont faim, un vendeur ambulant n’est jamais loin. Tous les protagonistes de cette chaine n’ont certainement pas de servante qui vient nettoyer leur caca. Ce sont les hélotes de l’autre moitié de la population. Eux sont probablement moins gaspilleurs.

            Tiens, ça vaut peut-être un article ça.

    1. C’est un peu trop profond pour moi, comme question. Il faudrait réduire un peu pour qu’elle soit répondable. D’ailleurs quel est le but de cette question?

    2. J’y ai un peu réfléchi, et je crois avoir trouvé une réponse :

      J’ai écrit cet article pour casser le mythe du pauvre noble. S’il est certain qu’il existe des individus qui, même au sein du démuniment le plus aigü, se soucient de leur communauté et de leur environnement, ce n’est certainement pas un phénomène général. Or, je trouve que dans les sociétés affluentes, on se complait dans la conviction que, dans les pays pauvres, les gens sont plus proches de la nature et plus respectueux de leur communauté/environnement. Alors que l’inverse est vrai. Dans les pays pauvres, la Terre et les autres, on n’en a rien à secouer. Les iPhones par contre…

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