Les filles blanches sont toutes des salopes

Fraichement arrivé d’Asie en Australie, je repense à ce que me disait ma copine Monolita à Kochi : « Pour les Indiens, les filles blanches sont toutes des salopes ». Par « salope », on entend ici « sexuellement décomplexée au point de se balader les jambes et les épaules à l’air », et son pendant direct fortement inspiré par les clips Mtv : « qui baisent à droite à gauche, comme elles respirent ».

En Australie, la quasi-moitié de la population est composée de filles blanches. Et, après un mois privé de jambes, j’ai du mal à regarder où je marche dans la rue. « Toutes des salopes ! », crie mon cerveau reptilien. « Ferme ta gueule et admire » répond mon cortex. Imaginez si j’avais vécu toute ma vie en Inde.

À côté de moi, Elsy jubile. Plus besoin de suer à litres dans un pantalon quand il fait chaud. Plus besoin de se couvrir les épaules quand elle porte un débardeur. Elle donne le sein à Petit Bibi dans le train bondé, personne ne dévisage. Et elle peut enfin se foutre à l’eau en maillot de bain. En Inde, elle restait sur le bord, les dents serrées, pendant que moi et les mâles indiens faisions les fous dans les vagues en regardant les indiennes en sari faire trempette jusqu’aux genoux. Elle a l’impression de sortir de prison. J’aurais pu deviner, mais je ne me rendais pas compte à quel point la pudibonderie indienne l’avait opprimée. J’ai bien fait de lui demander son avis sur les salopes, sinon je ne m’en serais peut-être jamais rendu compte.

La moitié des Indiens sont des Indiennes ; l’histoire d’un mariage

Pour clore la saison « Inde », on va parler un peu de la gente féminine. Les filles indiennes ont ça de particulier qu’elles s’habillent de couleurs chatoyantes, que malgré la chaleur, on ne voit jamais leurs jambes, et qu’elles représentent une perte financière catastrophique pour leur famille.

Le système de mariage traditionnel comprend le paiement d’une dot par la famille de la fille à la famille du garçon. Une dot proprement astronomique, qu’il faut payer autant de fois qu’il y a de filles à marier. Avoir trois filles et pas de garçons est une tragédie absolument tragédique pour une famille.

En échange du paiement de la dot, la famille du garçon accueille la fille sous sont toit, où elle servira d’esclave domestique jusqu’à qu’elle soit trop vieille. Avoir un garçon, c’est comme de gagner à la loterie. Continuer la lecture de « La moitié des Indiens sont des Indiennes ; l’histoire d’un mariage »

Posted from Cherthala South, Kerala, India.

Une journée d’autostop en Inde

Une après-midi plutôt. On a passé la matinée entière au bureau de poste à essayer de poster un colis de 5 kilos mal emballé et sans avoir assez d’argent. C’est vous dire la patience des postiers indiens. Une fois le marathon-papier terminé, on est allé déjeuner un délicieux paneer au lait de coco arrosé d’un non-moins délicieux jus de citron vert pressé et on s’est demandé comment sortir de la mégapole aquatique de Kochi en stop.

Sortant mon ordinateur-de-poche (qui est tellement gros qu’il a un peu du mal à sortir, au point que je l’ai baptisé Yomama), je remarque que, si on suit un boulevard non-loin sur 5 km, on arrive à une gare routière qui est en périphérie du centre. La plupart des bus du boulevard doivent y aller. On saute dans le premier, ça ne rate pas, il nous y mène tout droit.
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