John de la jungle

On est depuis trois jour chez un nouvel hôte. Un Anglais Blanc d’origine Indienne. Pardon ? Ses parents sont originaire de l’Inde coloniale. Ils ont fuit le pays à l’indépendance et il est né en Angleterre. Une fois les choses tassées en Inde indépendante, ils sont revenus dans leur pays d’origine. Compris ?

image Ses parents ont maintenant la quatrevingtaine et vivent dans la maison à côté de lui. Lui-même a 57 ans et passe ses journées à jouer de la guitare, discuter avec ses invités et cuisiner des chefs-d’œuvres gustatifs avec les produits de son jardin, quand ce dernier n’a pas été ravagé par un éléphant de passage, ce qui arrive deux ou trois fois par an.

Oui, il vit juste à côté d’un parc national qui a la plus grande population de tigre au Monde, et accessoirement des panthères, des éléphants, des vaches sauvages grosses comme des hippopotames, des bambis, et des paons. Partout ! Jusqu’au bord de la route :

John est un de ses personnage dont l’histoire personnelle vaudrait qu’on y consacre un livre. Les discussions nous entrainent tard dans la nuit. Son expérience de l’Inde m’est précieuse. Même s’il ne fait que confirmer ce que tout le monde savait déjà : l’Inde est coincée dans une pauvreté chronique à cause de la corruption à tous les niveaux du gouvernement. C’est un phénomène exclusif aux fonctionnaires, mais ces derniers sont partout. L’Inde est un pays où le gouvernement est omniprésent.

La corruption ne peut être traitée que depuis le sommet vers la base. La raison est que les fonctionnaires de bas niveau le sont parce qu’ils ont graissé la patte au fonctionnaire au dessus d’eux. Qui eux même ont dû glisser une enveloppe à leur supérieur pour obtenir leur promotion, et ainsi de suite. Le pot-de-vin payer pour devenir commissaire de police est beaucoup plus élevé que celui pour devenir chef de brigade. Du coup, à chaque échelon, le fonctionnaire est obligé de collecter du bakchich pour amortir l’investissement qui l’a mis à sa place, et mettre du pognon de côté pour sa prochaine promotion dans 5 and peut-être, s’il gère bien.

Au sommet de la pyramide, le politicien. Il suffit de mettre celui-là au pas pour que toute la chaine se décroche. Alors seulement, les braves gens pourront refuser de payer l’employé de poste pour récupérer un colis.

Comme l’Inde est une démocratie représentative comme la France, les politiciens arrivent au pouvoir par le mensonge et l’assassinat, au sens propre ou figuré, de leurs rivaux (comme en France), et une fois installés, on a peu d’espoir de les voir s’attaquer au « problème » de leur soudaine immense fortune personnelle. S’ils se font pincer, c’est pas grave. Le juge de la cour suprême est un pote.

Bref, y a pas de solution. Et l’avantage c’est que comme y a beaucoup de pauvres, tout est vraiment pas cher. À la tienne. *tink*.

Mais la vie est belle quand même chez Johnnie. Tout ça c’est pas notre faute. Si on avait fait le système local, il serait vachement plus juste, alors on se prépare des petits déjeuners délicieux, on se raconte des histoires, on se verse des cocktail avec des rondelles de citron vert du jardin.

4 réponses sur “John de la jungle”

    1. Il habite le Mudumalai, près du village de Masinagudi. Tiens, je devrais afficher une carte avec les emplacements pour chaque billet.

      Déjà trop de projets de roman dans les cartons. Pas cette fois ☺.

  1. magnifique cette rencontre ! Ce type m’a l’air d’être à mi chemin entre Carlos et Hemingway. Par contre s’agissant de la corruption, ça m’étonne que tu dise que ce soit « exclusif » au secteur public… en général le secteur marchand est également contaminé, mais de manière différente (commissions sur les appels d’offres et attributions de marchés notamment)… en tout cas ici au Bénin le privé est également très pourri !

  2. Appel d’offre et attributions de marché… pour les projets publics, je présume. Effectivement, toutes les entreprises privées ont un budget-bakchich. Ce qui rend les investissements étrangers difficile, vu que c’est souvent puni dans le pays d’origine.

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