John de la jungle

On est depuis trois jour chez un nouvel hôte. Un Anglais Blanc d’origine Indienne. Pardon ? Ses parents sont originaire de l’Inde coloniale. Ils ont fuit le pays à l’indépendance et il est né en Angleterre. Une fois les choses tassées en Inde indépendante, ils sont revenus dans leur pays d’origine. Compris ?

image Ses parents ont maintenant la quatrevingtaine et vivent dans la maison à côté de lui. Lui-même a 57 ans et passe ses journées à jouer de la guitare, discuter avec ses invités et cuisiner des chefs-d’œuvres gustatifs avec les produits de son jardin, quand ce dernier n’a pas été ravagé par un éléphant de passage, ce qui arrive deux ou trois fois par an. Continuer la lecture de « John de la jungle »

Plage de pécheurs , plage de touristes.

Notre hôte à Trivandrum nous a déconseillé d’aller à la célèbre plage de Kovalam, coqueluche de la côte sud, où tous les pigeons de touristes vont se faire arnaquer en rang, et d’aller plutôt à la plage de Varkala, qui est beaucoup mieux préservée. On était sur le point d’y aller quand, remarquant que Trivandrum est au bord de la mer, je vois sur les images satellite qu’il y a une plage à 400m de chez nous. Pourquoi se fatiguer à aller jusqu’à Varkala? On est partis à pied.

Alignements de bateaux de pécheurs multicolores, sable fin orangé, gros crabes qui s’enfuient à notre approche, bandes de gosses du quartier qui s’arrêtent de jouer pour nous regarder passer… On a empilé les affaires dans un vieux bateau abandonné et on s’est jetés dans les vagues. De belles grosses vagues comme un jour de drapeau rouge à Boucan Canot. J’étais aux anges.

Mauvais timing pour la photo. En fait, la mer est démontée.
Mauvais timing pour la photo. En fait, la mer est démontée.

Une fois sortis, un vieux pécheur s’est joint à nous. Il parlait un anglais difficile à comprendre et mâchait une sorte de chique rougeâtre dont l’odeur devait être particulièrement immonde parce que Petit Bibi nous a fait une crise de larmes aussitôt que le bonhomme l’avait pris dans ses bras. Bientôt c’étaient les enfants, les femmes, les jeunes, tout un attroupement qui nous avait rejoint. Petit Bibi passait de bras en bras, on discutait avec les mains autant qu’avec les mots. Jusqu’à l’arrivée de la maitresse d’école.

Petit bib passe de bras en bras.

Une jolie fille de 23 ans, avec un anglais excellent, qui nous a permis d’approfondir un peu la conversation. On a surtout parlé de son futur mariage. Elle se marie le 25 janvier. « Où as-tu rencontré ton futur mari » lui demandai-je, devinant déjà la réponse. « Je ne l’ai pas encore rencontré. Mes parents l’ont choisi pour moi ». Et la voilà qui part dans une diatribe digne du punk activiste le plus acharné contre les mariages forcés, et qu’elle voudrait être libre de choisir, une bannière blanche en plus et on aurait dit Jeanne d’Arc.

Jeanne d'Arc va se marier
Jeanne d’Arc va se marier

On est rentrés à la maison. Le lendemain, notre hôte arrive du travail et annonce : « Je vous emmène à la plage ! » Et nous voilà partis pour Varkala, la plage alternative gardée secrète des touristes-pigeons.

Il y avait 80% de blancs. Sur la promenade le long de la falaise, la moitié des commerces faisaient aussi tour-operator et bureau de change. Tout était hors de prix (heureusement, c’est notre hôte qui nous a invités au resto), on se faisait harceler sans cesse par des vendeurs de choses où des employés de restaurants qui nous ordonnaient, avec beaucoup d’aplomb, de nous asseoir chez eux et plus vite que ça. Je n’ose imaginer ce que c’était à la plage des touristes pigeons.

Un autre détail me tarabuste. On a fait 45 minutes de route pour y aller. À ce resort de merde, alors qu’il y a une plage super à 500m de l’appart.

En fait, toute la côte est une longue plage de sable fin. Si les touristes continuent d’aller dans les pièges-à-touristes, c’est donc que les touristes aiment se faire plumer. Une idée bien troublante sur laquelle je vous quitte.

Posted from Thiruvananthapuram, Kerala, India.