C’est quoi, Time Square ?

Time Square

On a tous entendu parler de Time Square, mais qu’est-ce que ça a de spécial?

Time Square, c’est un croisement de rues à New York, où des écrans publicitaires sont pendus à toutes les façades. Un écran qui appartient à Samsung et qui montre un portable qui tourne sur lui même. Il y en a un qui appartient à une agence de presse chinoise et qui montre un globe terrestre qui tourne sur lui même avec des effets très « 20h ». Il y en a un qui appartient à un fabriquant de baskets et qui montre une basquet qui tourne sur elle même. Des dizaines d’écrans géants qui diffusent la pub de leur proprio en boucle.

C’est tout. Quand j’y suis passé, hier, je me suis dit : « Merde alors, j’aurais cru que c’était une zone piétonne. » Y a un trafic de bagnoles dingue sur Time Square.

Je me demande toujours pourquoi c’est une telle icône culturelle. J’immagine qu’à une époque, les écrans publicitaires, c’était la classe…

Posted from New York, New York, United States.

On n’est pas un peu fatigués ?

bébé dans un porte-bébé au chili

Voilà plus de deux mois qu’on est sur la route. On a traversé deux pays et demi (Singapour, ça ne se « traverse »pas) en mode auto-stop-hospitalité. On s’est retrouvés plusieurs fois coincés à un carrefour désert sous un soleil de plomb, on a passé plusieurs nuits à la belle étoile dans les hamacs. Tout ça avec un Petit Bibi de quelques mois sur les bras. On vient d’atterrir au Chili après un voyage de 20 heures. On n’est pas un peu fatigués, non mais ?

Pourquoi on serait fatigué ? La liste est longue. En plus de l’intro un peu mélodramatique, on peut ajouter le fait qu’on doit porter toutes nos possessions, plus celles de Petit Bibi, plus le Petit Bibi, plus de quoi nous nourrir tous les trois sur nos épaules partout où on va. Il y a aussi le fait qu’on doit bouger sans cesse. On est resté le plus longtemps chez Ben, à Brisbane, et chez Mardy, à Singapour. Une semaine chacun. Le reste du temps, on bouge tous les deux ou trois jours, parfois le lendemain de notre arrivée. Surtout quand on dort dehors. Nos limites budgétaire ne nous permettent pas de nous poser quelques jours dans un endroit payant pour souffler (sauf en Inde, où on ne s’est pas gênés).

Soumis sans cesse à ces sources de stress qui sifflent sur nos têtes, on est assez surpris de ne ressentir aucune fatigue. On n’en a absolument pas marre, et on est au taquet pour continuer à bourriner comme des ours. S’il y a du parquet au chili, il ferait bien de compter ses fibres.

À bon entendeur, salut.

Posted from Copiapó, Atacama Region, Chile.

L’ile des noirs

Petit Bibi a fait un résumé détaillé de nos petites aventures sur Palm Island, une ile-réserve-aborigène. Si vous lisez l’anglais et que vous cherchez un blog de voyage, allez donc y faire un tour.

Après trois jours passé chez les aborigènes, c’est l’heure de faire le bilan et ça fait plusieurs semaines que je remets aux calendes parce que c’est pas une tâche facile.

Un détail

C’est quoi, une réserve d’aborigènes ? Avant de répondre à ça, il faut juste rappeler un détail. L’Australie partage, dans les grandes lignes, l’histoire coloniale de l’amérique du nord. Il y avait une population quand les colons sont arrivés, mais comme ils en étaient à un stade de développement préhistorique, les colons les ont assimillés a de la vermine et ont exterminé à tout va. Le temps que quelqu’un constante que, tout compte fait, les grands singes noirs sont en fait des êtres humains, il n’en restait presque plus. La population de l’Australie est composée de trois pourcents d’aborigènes. Continuer la lecture de « L’ile des noirs »

Posted from Palm Island, Queensland, Australia.

Vivre sur un voilier

Femme en bikini qui boit une bière sur le pont d'un voilier.

Canot, boulot, dodo

Les jours de semaine, tu te lève à cinq heures du mat. Tu commence le travail à huit, comme dans tous les bureaux, mais ton copain, Ben, est employé au chantier naval, où ils sont plus matinaux. Et tu aimes bien qu’ils prennent le petit-dèj avec lui. Tu te traines hors du lit quand tu entends le moulin à café tourner. Ben est déjà tout frais, tout pimpant, mais tu n’es vraiment pas une fille du matin. Tu t’envoie une giclée d’eau fraiche au visage en cachette. Ça fait un moment qu’il ne pleut pas et vous êtes censés y aller molo sur le réservoir d’eau potable. Par contre, l’avantage quand il ne pleut pas, c’est que les panneaux solaires donnent à fond et on est à bloc niveau batterie. En ces jours de sécheresse, tu pourrais même te permettre d’utiliser un sèche-cheveux s’il y en avait un à bord.

C’est l’aube dehors. La mangrove s’éveille, tout en gazouillis. L’eau calme de l’embouchure de la rivière reflète les nuages jaunis par la lumière du matin. Inara, votre voilier, est statique comme si elle était posée sur le fond. Une traction presque imperceptible sur la chaine de l’ancre te ramènes à la réalité. C’est marée haute. Vous allez pouvoir trainer un peu et prendre le raccourci pour aller à la voiture.
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Posted from Manly, Queensland, Australia.

La moitié des Indiens sont des Indiennes ; l’histoire d’un mariage

Pour clore la saison « Inde », on va parler un peu de la gente féminine. Les filles indiennes ont ça de particulier qu’elles s’habillent de couleurs chatoyantes, que malgré la chaleur, on ne voit jamais leurs jambes, et qu’elles représentent une perte financière catastrophique pour leur famille.

Le système de mariage traditionnel comprend le paiement d’une dot par la famille de la fille à la famille du garçon. Une dot proprement astronomique, qu’il faut payer autant de fois qu’il y a de filles à marier. Avoir trois filles et pas de garçons est une tragédie absolument tragédique pour une famille.

En échange du paiement de la dot, la famille du garçon accueille la fille sous sont toit, où elle servira d’esclave domestique jusqu’à qu’elle soit trop vieille. Avoir un garçon, c’est comme de gagner à la loterie. Continuer la lecture de « La moitié des Indiens sont des Indiennes ; l’histoire d’un mariage »

Posted from Cherthala South, Kerala, India.

Une journée d’autostop en Inde

Une après-midi plutôt. On a passé la matinée entière au bureau de poste à essayer de poster un colis de 5 kilos mal emballé et sans avoir assez d’argent. C’est vous dire la patience des postiers indiens. Une fois le marathon-papier terminé, on est allé déjeuner un délicieux paneer au lait de coco arrosé d’un non-moins délicieux jus de citron vert pressé et on s’est demandé comment sortir de la mégapole aquatique de Kochi en stop.

Sortant mon ordinateur-de-poche (qui est tellement gros qu’il a un peu du mal à sortir, au point que je l’ai baptisé Yomama), je remarque que, si on suit un boulevard non-loin sur 5 km, on arrive à une gare routière qui est en périphérie du centre. La plupart des bus du boulevard doivent y aller. On saute dans le premier, ça ne rate pas, il nous y mène tout droit.
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Posted from Cherthala South, Kerala, India.

Princess academy

Pour voir le film Bollywood de l’article précédent, on a dû aller au centre commercial. Un immonde conso-complexe climatisé où tout est cher, brillant et à la mode. Le rez-de-chaussée tout entier était occupé par un gros faux-château en contre-plaqué dans lequel trois Blanches attifées comme Raiponce, Ariel et Cendrillon posaient en photo à côté de petites filles elle même déguisées en princesses. Comme elles se faisaient les petites filles une par une, et qu’il y en avait une cinquantaine, je me suis d’abord dit : « Elles en ont pour des heures, les pauvres. » Après quoi je me suis demandé : « Mais où ils sont allés chercher trois actrices blanches ? », aussitôt suivi de : « Et elle est où, Jasmine ? »

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Posted from Cherthala South, Kerala, India.

La vérité sur les films Bollywood

En Europe, on ne peut pas se faire un resto indien sans se retrouver forcé de regarder des indiens trop blancs pour être honnêtes se trémousser en rang comme à l’armée sur une musique débile avec un danseur et une danseuse qui ont l’air en rut mais qui ont aussi l’air de ne pas avoir le droit de se toucher.

Les plus aventureux ont peut-être même regardé en entier une de ces comédies musicales de trois heures où un scénario insipide n’est qu’un prétexte à deux heures quarante-cinq de danse-en-rang-et-en-rut-mais-on-ne-peut-pas-se-toucher.

J’en était arrivé au point où je me disais que la notion d’art est subjective, et que ce que je considère comme un bon film ferait snobement ricaner un connaisseur de Bollywood, qui pourrait me parler avec exaltation, pendant des heures, des fines variations dans la manière de simuler un baiser sans se toucher pendant qu’une petite armée de chorégraphe-figurants sautille autour du couple d’acteurs.

Fort heureusement, il n’en est rien. Continuer la lecture de « La vérité sur les films Bollywood »

Posted from Kochi, Kerala, India.

John de la jungle

On est depuis trois jour chez un nouvel hôte. Un Anglais Blanc d’origine Indienne. Pardon ? Ses parents sont originaire de l’Inde coloniale. Ils ont fuit le pays à l’indépendance et il est né en Angleterre. Une fois les choses tassées en Inde indépendante, ils sont revenus dans leur pays d’origine. Compris ?

image Ses parents ont maintenant la quatrevingtaine et vivent dans la maison à côté de lui. Lui-même a 57 ans et passe ses journées à jouer de la guitare, discuter avec ses invités et cuisiner des chefs-d’œuvres gustatifs avec les produits de son jardin, quand ce dernier n’a pas été ravagé par un éléphant de passage, ce qui arrive deux ou trois fois par an. Continuer la lecture de « John de la jungle »

Plage de pécheurs , plage de touristes.

Notre hôte à Trivandrum nous a déconseillé d’aller à la célèbre plage de Kovalam, coqueluche de la côte sud, où tous les pigeons de touristes vont se faire arnaquer en rang, et d’aller plutôt à la plage de Varkala, qui est beaucoup mieux préservée. On était sur le point d’y aller quand, remarquant que Trivandrum est au bord de la mer, je vois sur les images satellite qu’il y a une plage à 400m de chez nous. Pourquoi se fatiguer à aller jusqu’à Varkala? On est partis à pied.

Alignements de bateaux de pécheurs multicolores, sable fin orangé, gros crabes qui s’enfuient à notre approche, bandes de gosses du quartier qui s’arrêtent de jouer pour nous regarder passer… On a empilé les affaires dans un vieux bateau abandonné et on s’est jetés dans les vagues. De belles grosses vagues comme un jour de drapeau rouge à Boucan Canot. J’étais aux anges.

Mauvais timing pour la photo. En fait, la mer est démontée.
Mauvais timing pour la photo. En fait, la mer est démontée.

Une fois sortis, un vieux pécheur s’est joint à nous. Il parlait un anglais difficile à comprendre et mâchait une sorte de chique rougeâtre dont l’odeur devait être particulièrement immonde parce que Petit Bibi nous a fait une crise de larmes aussitôt que le bonhomme l’avait pris dans ses bras. Bientôt c’étaient les enfants, les femmes, les jeunes, tout un attroupement qui nous avait rejoint. Petit Bibi passait de bras en bras, on discutait avec les mains autant qu’avec les mots. Jusqu’à l’arrivée de la maitresse d’école.

Petit bib passe de bras en bras.

Une jolie fille de 23 ans, avec un anglais excellent, qui nous a permis d’approfondir un peu la conversation. On a surtout parlé de son futur mariage. Elle se marie le 25 janvier. « Où as-tu rencontré ton futur mari » lui demandai-je, devinant déjà la réponse. « Je ne l’ai pas encore rencontré. Mes parents l’ont choisi pour moi ». Et la voilà qui part dans une diatribe digne du punk activiste le plus acharné contre les mariages forcés, et qu’elle voudrait être libre de choisir, une bannière blanche en plus et on aurait dit Jeanne d’Arc.

Jeanne d'Arc va se marier
Jeanne d’Arc va se marier

On est rentrés à la maison. Le lendemain, notre hôte arrive du travail et annonce : « Je vous emmène à la plage ! » Et nous voilà partis pour Varkala, la plage alternative gardée secrète des touristes-pigeons.

Il y avait 80% de blancs. Sur la promenade le long de la falaise, la moitié des commerces faisaient aussi tour-operator et bureau de change. Tout était hors de prix (heureusement, c’est notre hôte qui nous a invités au resto), on se faisait harceler sans cesse par des vendeurs de choses où des employés de restaurants qui nous ordonnaient, avec beaucoup d’aplomb, de nous asseoir chez eux et plus vite que ça. Je n’ose imaginer ce que c’était à la plage des touristes pigeons.

Un autre détail me tarabuste. On a fait 45 minutes de route pour y aller. À ce resort de merde, alors qu’il y a une plage super à 500m de l’appart.

En fait, toute la côte est une longue plage de sable fin. Si les touristes continuent d’aller dans les pièges-à-touristes, c’est donc que les touristes aiment se faire plumer. Une idée bien troublante sur laquelle je vous quitte.

Posted from Thiruvananthapuram, Kerala, India.