Archives pour la catégorie Essai

Le complexe de la servante

Dans un article précédent, je comparais les mœurs des pays riches à celles des pays pauvres. Dans la même veine, on va zoomer sur le pays pauvre tout seul, et faire la part des choses.

Mon article précédent ne traitait que des classes moyennes, que je considérais comme « la moyenne » de la société, comme son nom l’indique. Les classes moyennes des pays pauvres, disais-je, vivent bien plus confortablement que celles des pays riches. Intéressons-nous de plus près à ce confort.

Les classe moyennes du tiers-monde ont, bien entendu, un pouvoir d’achat absolu largement inférieur à leur équivalent du premier-monde. Ce qui les place en défaveur flagrante face à l’achat d’un produit de la mondialisation. Un iPhone, par exemple, coute le même prix aux USA qu’au Mexique. Mais le salaire moyen est très différent. Un membre de la classe moyenne Mexicain devra donc se saigner davantage pour faire partie du club de fanboys.

Mais il faut réaliser que seule une faible proportion d’un budget familial moyen est consacré à l’acquisition de produits de la mondialisation. Et, si la part « loyer » a bien des chances d’être proportionnellement équivalente entre le premier et le tiers-monde, les autres dépenses ont un profil bien différent. Continuer la lecture de Le complexe de la servante

Posted from Merida, Yucatan, Mexico.

Pauvres VS Riches

À force de passer de pays riche en pays pauvre, je me dis que s’il y a quelqu’un qui a assez de perspective pour parler du fossé entre les pays blancs et le tiers-monde, c’est bien moi. Pourtant, la perspective me terrorifie. Ça doit être un de mes derniers tabous. Il est temps de casser le mur.

Il y a, en ce bas monde, une engeance sans le moindre respect pour le reste du monde. Des gens qui, alors que dans d’autres pays on se prive au quotidien, pillent les ressources disponibles sans vergogne. Juste parce qu’ils peuvent. Des gens qui gaspillent comme ils respirent, remplissant leurs poubelles à un rythme effréné. Qui se méfient de leur prochain comme la peste alors qu’ailleurs on s’entraide sans cesse. Qui passent leur temps libre à lécher les vitrines des centres commerciaux, sous l’œil vigilant des agents de sécurité en armes, en se demandant comment dépenser l’argent qu’ils ont en trop. Des gens qui sont tellement accoutumés à la nourriture industrielle qu’ils ne reconnaîtraient pas un légume dans l’improbable éventualité qu’ils en croisent un un jour. D’autant qu’ils ne conçoivent pas un repas sans viandes. Ils ne boivent pas d’eau non-plus, seulement des sodas. Ces gens ont des placards qui débordent d’objet quasi-neufs superflus, et ils osent s’en plaindre. Continuer la lecture de Pauvres VS Riches

L’ile des noirs

Petit Bibi a fait un résumé détaillé de nos petites aventures sur Palm Island, une ile-réserve-aborigène. Si vous lisez l’anglais et que vous cherchez un blog de voyage, allez donc y faire un tour.

Après trois jours passé chez les aborigènes, c’est l’heure de faire le bilan et ça fait plusieurs semaines que je remets aux calendes parce que c’est pas une tâche facile.

Un détail

C’est quoi, une réserve d’aborigènes ? Avant de répondre à ça, il faut juste rappeler un détail. L’Australie partage, dans les grandes lignes, l’histoire coloniale de l’amérique du nord. Il y avait une population quand les colons sont arrivés, mais comme ils en étaient à un stade de développement préhistorique, les colons les ont assimillés a de la vermine et ont exterminé à tout va. Le temps que quelqu’un constante que, tout compte fait, les grands singes noirs sont en fait des êtres humains, il n’en restait presque plus. La population de l’Australie est composée de trois pourcents d’aborigènes. Continuer la lecture de L’ile des noirs

Posted from Palm Island, Queensland, Australia.

Les filles blanches sont toutes des salopes

Fraichement arrivé d’Asie en Australie, je repense à ce que me disait ma copine Monolita à Kochi : « Pour les Indiens, les filles blanches sont toutes des salopes ». Par « salope », on entend ici « sexuellement décomplexée au point de se balader les jambes et les épaules à l’air », et son pendant direct fortement inspiré par les clips Mtv : « qui baisent à droite à gauche, comme elles respirent ».

En Australie, la quasi-moitié de la population est composée de filles blanches. Et, après un mois privé de jambes, j’ai du mal à regarder où je marche dans la rue. « Toutes des salopes ! », crie mon cerveau reptilien. « Ferme ta gueule et admire » répond mon cortex. Imaginez si j’avais vécu toute ma vie en Inde.

À côté de moi, Elsy jubile. Plus besoin de suer à litres dans un pantalon quand il fait chaud. Plus besoin de se couvrir les épaules quand elle porte un débardeur. Elle donne le sein à Petit Bibi dans le train bondé, personne ne dévisage. Et elle peut enfin se foutre à l’eau en maillot de bain. En Inde, elle restait sur le bord, les dents serrées, pendant que moi et les mâles indiens faisions les fous dans les vagues en regardant les indiennes en sari faire trempette jusqu’aux genoux. Elle a l’impression de sortir de prison. J’aurais pu deviner, mais je ne me rendais pas compte à quel point la pudibonderie indienne l’avait opprimée. J’ai bien fait de lui demander son avis sur les salopes, sinon je ne m’en serais peut-être jamais rendu compte.

Singapour, rechtstadt et le pays de Candy

Quand George W parle de démocratie, il ne pense pas au fait de voter pour son parti ou l’autre tous les quatre ans. Dans sa bouche, et dans celle de quasiment tout le monde qui parle de « Démocratie » avec assez de verve pour qu’on sente le « D » majuscule, la démocratie c’est le pays de Candy. Tout le monde est content, y a pas de souffrance, tout le monde a du travail mais personne ne bosse comme un esclave…

Évidemment, la démocratie, c’est pas du tout ça. La démocratie c’est juste d’avoir le droit de choisir entre deux escrocs lequel va avoir l’honneur d’aider ses potes riche à le devenir encore plus pendant quelques années. Je ne sais pas si George W est assez bête pour croire a ses propres élucubrations ou s’il fait du théâtre pour flatter l’égo du quidam, mais le quidam, en général, lui ne fait aucune distinction entre « démocratie » et « pays de Candy ». Quand une injustice lui tombe dessus, il s’indigne : « On est en démocratie, ou bien ? » parce que, au pays de Candy, tout le monde sait qu’il n’y a pas d’injustice. Continuer la lecture de Singapour, rechtstadt et le pays de Candy

Posted from Singapore.

La moitié des Indiens sont des Indiennes ; l’histoire d’un mariage

Pour clore la saison « Inde », on va parler un peu de la gente féminine. Les filles indiennes ont ça de particulier qu’elles s’habillent de couleurs chatoyantes, que malgré la chaleur, on ne voit jamais leurs jambes, et qu’elles représentent une perte financière catastrophique pour leur famille.

Le système de mariage traditionnel comprend le paiement d’une dot par la famille de la fille à la famille du garçon. Une dot proprement astronomique, qu’il faut payer autant de fois qu’il y a de filles à marier. Avoir trois filles et pas de garçons est une tragédie absolument tragédique pour une famille.

En échange du paiement de la dot, la famille du garçon accueille la fille sous sont toit, où elle servira d’esclave domestique jusqu’à qu’elle soit trop vieille. Avoir un garçon, c’est comme de gagner à la loterie. Continuer la lecture de La moitié des Indiens sont des Indiennes ; l’histoire d’un mariage

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