L’ile des noirs

Petit Bibi a fait un résumé détaillé de nos petites aventures sur Palm Island, une ile-réserve-aborigène. Si vous lisez l’anglais et que vous cherchez un blog de voyage, allez donc y faire un tour.

Après trois jours passé chez les aborigènes, c’est l’heure de faire le bilan et ça fait plusieurs semaines que je remets aux calendes parce que c’est pas une tâche facile.

Un détail

C’est quoi, une réserve d’aborigènes ? Avant de répondre à ça, il faut juste rappeler un détail. L’Australie partage, dans les grandes lignes, l’histoire coloniale de l’amérique du nord. Il y avait une population quand les colons sont arrivés, mais comme ils en étaient à un stade de développement préhistorique, les colons les ont assimillés a de la vermine et ont exterminé à tout va. Le temps que quelqu’un constante que, tout compte fait, les grands singes noirs sont en fait des êtres humains, il n’en restait presque plus. La population de l’Australie est composée de trois pourcents d’aborigènes. Continuer la lecture de « L’ile des noirs »

Posted from Palm Island, Queensland, Australia.

Vivre sur un voilier

Femme en bikini qui boit une bière sur le pont d'un voilier.

Canot, boulot, dodo

Les jours de semaine, tu te lève à cinq heures du mat. Tu commence le travail à huit, comme dans tous les bureaux, mais ton copain, Ben, est employé au chantier naval, où ils sont plus matinaux. Et tu aimes bien qu’ils prennent le petit-dèj avec lui. Tu te traines hors du lit quand tu entends le moulin à café tourner. Ben est déjà tout frais, tout pimpant, mais tu n’es vraiment pas une fille du matin. Tu t’envoie une giclée d’eau fraiche au visage en cachette. Ça fait un moment qu’il ne pleut pas et vous êtes censés y aller molo sur le réservoir d’eau potable. Par contre, l’avantage quand il ne pleut pas, c’est que les panneaux solaires donnent à fond et on est à bloc niveau batterie. En ces jours de sécheresse, tu pourrais même te permettre d’utiliser un sèche-cheveux s’il y en avait un à bord.

C’est l’aube dehors. La mangrove s’éveille, tout en gazouillis. L’eau calme de l’embouchure de la rivière reflète les nuages jaunis par la lumière du matin. Inara, votre voilier, est statique comme si elle était posée sur le fond. Une traction presque imperceptible sur la chaine de l’ancre te ramènes à la réalité. C’est marée haute. Vous allez pouvoir trainer un peu et prendre le raccourci pour aller à la voiture.
Continuer la lecture de « Vivre sur un voilier »

Posted from Manly, Queensland, Australia.

Les filles blanches sont toutes des salopes

Fraichement arrivé d’Asie en Australie, je repense à ce que me disait ma copine Monolita à Kochi : « Pour les Indiens, les filles blanches sont toutes des salopes ». Par « salope », on entend ici « sexuellement décomplexée au point de se balader les jambes et les épaules à l’air », et son pendant direct fortement inspiré par les clips Mtv : « qui baisent à droite à gauche, comme elles respirent ».

En Australie, la quasi-moitié de la population est composée de filles blanches. Et, après un mois privé de jambes, j’ai du mal à regarder où je marche dans la rue. « Toutes des salopes ! », crie mon cerveau reptilien. « Ferme ta gueule et admire » répond mon cortex. Imaginez si j’avais vécu toute ma vie en Inde.

À côté de moi, Elsy jubile. Plus besoin de suer à litres dans un pantalon quand il fait chaud. Plus besoin de se couvrir les épaules quand elle porte un débardeur. Elle donne le sein à Petit Bibi dans le train bondé, personne ne dévisage. Et elle peut enfin se foutre à l’eau en maillot de bain. En Inde, elle restait sur le bord, les dents serrées, pendant que moi et les mâles indiens faisions les fous dans les vagues en regardant les indiennes en sari faire trempette jusqu’aux genoux. Elle a l’impression de sortir de prison. J’aurais pu deviner, mais je ne me rendais pas compte à quel point la pudibonderie indienne l’avait opprimée. J’ai bien fait de lui demander son avis sur les salopes, sinon je ne m’en serais peut-être jamais rendu compte.